Fragments rêvés
Wang Jing – 王静
13 novembre – 18 décembre 2026
Fragments rêvés – Wang Jing
quand : du 13 novembre au 18 décembre 2026
où : Institut Confucius de Bretagne, 17 rue de Brest, 35000 Rennes
Entre matière, mémoire et imaginaire
La démarche artistique de Jing Wang
Depuis 2024, Jing Wang développe la série de peintures Nihonga, réalisées à partir de pigments minéraux, « Au cœur du Royaume ». En 2026, elle poursuit cette voie avec « À la recherche des manuscrits », une nouvelle série qui s’inscrit dans sa continuité.
Ces deux ensembles mettent en scène des paysages de montagnes, de rochers et d’eau. Contrairement à la peinture traditionnelle chinoise, où la présence humaine apparaît souvent discrète, humble, presque confondue dans la nature, les œuvres de Jing Wang représentent des espaces entièrement dépourvus de figures humaines.
En partageant ces territoires inhabités, l’artiste invite le spectateur à s’y retrouver seul, loin de l’agitation du monde. Peu à peu, le regard se pose et l’esprit s’apaise : on entend le chant d’une cascade, le murmure d’un ruisseau, et même le silence des rochers.
Certains éléments reviennent régulièrement dans ses œuvres : la Lune, les perles, le vase de purification (Yujing), ou encore les manuscrits dispersés, parfois emportés dans l’espace. Ils évoquent la féminité, la force vitale, la transmission spirituelle et culturelle, les fragments de mémoire ainsi que la circulation des messages. Ces éléments apparaissent comme des signes, sans imposer une lecture unique du paysage.
La relation de Jing Wang au paysage se construit d’abord à travers une expérience physique de la nature. Lors de ses randonnées en montagne et en forêt, ainsi que de ses immersions en mer, elle observe les reliefs, les rochers et les pierres, leurs textures et leurs matières, jusqu’à leurs odeurs. Ces formes et ces sensations se déposent progressivement en elle et deviennent une mémoire corporelle, à la fois visuelle et sensorielle.
Parallèlement, l’artiste mène une recherche approfondie sur l’histoire et l’évolution de la peinture traditionnelle chinoise. Dans les œuvres anciennes, elle puise une compréhension particulière de l’espace, du vide et du plein, mais aussi de la relation entre l’être humain et la nature. Ces recherches ne sont pas envisagées comme des modèles à reproduire : elles nourrissent une réflexion qui lui permet de construire son propre langage pictural contemporain.
Dans l’atelier, souvenirs, sensations et recherches se mêlent. Jing Wang réalise rarement des esquisses préparatoires complètes. Les images et les compositions émergent souvent au cours de moments méditatifs. Guidées par l’intuition, les montagnes et les rochers apparaissent progressivement à travers la répétition des gestes, des touches et des superpositions.
Puis la création de la brume, du brouillard et de l’eau. L’artiste dissimule, efface ou estompe certaines parties du tableau, laissant volontairement des espaces ouverts à l’imaginaire. L’image se construit ainsi autant par apparition que par disparition. Le vide n’est plus une absence, mais devient un espace de respiration et d’imagination.
La lenteur propre à la peinture aux pigments minéraux accompagne naturellement ce processus de création méditative. Les couleurs sont appliquées couche après couche, parfois lavées, retirées puis retravaillées. L’image se construit ainsi par étapes, au rythme de la matière et du temps. L’attente n’est pas seulement une contrainte technique : elle devient une composante essentielle de la création. Chaque interruption permet à l’artiste de regarder de nouveau l’œuvre, de la questionner et, parfois, d’en réorienter la direction.
Plus ou moins fins, les grains minéraux produisent à la surface de la peinture des reliefs, des transparences et des brillances subtiles. La couleur n’est alors plus seulement une teinte déposée sur un support : elle devient une matière tangible, dotée d’une véritable présence physique. Selon l’angle du regard et les variations de la lumière, les nuances et les textures se transforment, apparaissent ou s’effacent.
Le paysage n’est jamais totalement fixe ; il évolue avec la lumière, la distance et le regard.
Pour Jing Wang, les pigments minéraux ne constituent donc pas uniquement une technique picturale, mais aussi un langage matériel de la nature. Issus de la roche et de la terre, ils sont broyés en particules avant de devenir, sous le geste de l’artiste, montagnes, pierres et paysages imaginaires. La matière vient de la nature pour retourner, à travers la peinture, vers une nouvelle représentation de la nature. Dans ce mouvement circulaire, le rocher n’est plus seulement un sujet représenté : les grains, les accumulations et les textures du pigment deviennent eux-mêmes une part du paysage rocheux.
De cette rencontre entre matière, mémoire et imaginaire naissent des espaces qui semblent se prolonger au-delà du tableau. Du bleu turquoise au bleu nuit, les nuances évoquent à la fois l’immensité du ciel et la profondeur de l’océan. Les tableaux deviennent alors comme des hublots de vaisseaux ou de sous-marins, des ouvertures qui invitent à la découverte de mondes imaginaires, quelque part entre paysage, rêve et réalité.
在物质、记忆与想象之间
自 2024 年起,王静开始创作岩彩画系列《王国之心》; 2026 年,她在这一系列的基础上 继续发展出《寻稿记》。这两个系列呈现的都是山水与自然景观。不同于中国传统山水画中那些含蓄而谦卑、几乎 融入自然之中的人类身影,王静的作品更倾向于展现一个个完全没有人类踪迹、仿佛超越
现实的自然空间。艺术家希望通过分享这些荒无人烟的地方,让观者独自置身其中,暂时远离喧闹的尘嚣。随着目光逐渐停驻,人的内心也慢慢沉静下来,仿佛可以听见瀑布的歌唱、溪流的低语,甚至岩石的寂静之音。
一些元素反复出现在她的作品中:月亮、珍珠、净瓶,以及散落或飘向远方的手稿。它们分别让人联想到女性特质、生命力、精神与文化的传承、记忆的碎片,以及讯息的流动与传播。这些元素更像是散落在画面中的线索,并不指向唯一的解释,而是为观看和想象留下开放的空间。
王静对于自然的感知首先来自身体经验。她在日常的山林远足以及海中浮潜时观察和感受自然地貌,留意山峦与岩石的形态、质地、肌理,乃至气味。这些天然的形态与感官经验并不会被直接复制到画面中,而是逐渐沉淀下来,转化为一种视觉与其他感官共同构成的身体记忆。
与此同时,她持续研读中国传统山水画,梳理重彩与水墨的发展脉络,并从历代作品对于空间、气韵、虚实以及人与自然关系的理解中汲取智慧与灵感。对她而言,这些传统并非需要被重复的形式,而是成为重新思考当代绘画与自然关系的一种基础。
进入创作时,王静很少预先绘制完整的草图。图像与构图往往萌生于冥想的时刻。山石的形态在直觉的引导下,通过反复的笔触、覆盖与叠加逐渐显现。
随后,她又借由水流、雾气或薄霭遮蔽、淡化甚至消解已经形成的部分,使一些原本清晰 的形象重新进入不确定的状态。画面因此并不只通过“出现”而形成,也通过“消失”而生 成。对她而言,虚与实同样重要,不可见之物与可见之物具有同等的分量,而那些被隐 藏、被模糊或未被填满的部分,也成为观看与想象得以发生的空间。
岩彩缓慢而漫长的制作过程,为这种近似于“冥想”的创作方式提供了更宽裕的时间。矿物 颜料需要经过一层又一层的铺展、叠加、冲洗或去除,画面在反复的动作与等待中逐渐生 成。因此,等待不再只是技术过程的一部分,也成为创作本身。每一次停顿,都让艺术家 有机会重新面对作品,以新的目光观察、思考,甚至改变原本的方向。
不同粗细的矿物颗粒又在画面表面形成细微的起伏与光泽,使色彩不再只是覆盖于纸面上的颜色,而成为一种具有真实触感和物质存在感的东西。随着观看角度和光线的变化,颜色、光泽与肌理也会发生改变,有时显现,有时隐退。这种变化与她作品中反复出现的雾、水、梦境,以及那些若隐若现的自然形态彼此呼应。
对王静而言,岩彩不仅是一种绘画技法,也是一种关于自然的物质语言。
矿物颜料来自岩石与大地。它们被研磨成不同粗细的颗粒,又在艺术家的手中重新成为山 峦、岩石与想象中的自然景观。材料由自然中来,又通过绘画重新回到自然。在这一循环 之中,“山石”不再只是画面中被描绘的对象。颜料自身的颗粒、堆积、重量与肌理,也成 为山石本身的一部分。自然既是作品所描绘的对象,也是构成作品的物质。
因此,王静并不试图借由岩彩完整复制眼前所见的自然。她更希望让自然的记忆、身体的感知与矿物材料自身的特性在画面中彼此交汇。在缓慢的叠加、覆盖、显现与消隐之间,一个介于真实与想象、可见与不可见之间的空间逐渐形成。
这两个系列均以富有层次的蓝与青为主要色调。色彩在蓝绿、靛青与深蓝之间交错,既让人联想到天空的辽阔与遥远,也唤起海洋幽深而未知的空间。于是,每一幅作品都仿佛成为一扇飞船或潜艇的舷窗:从自然出发,经由记忆、身体与矿物的转化,最终将观看者带出日常现实的边界,进入一个超现实而如梦境般展开的世界。
Pour en savoir plus sur Wang Jing :
Vernissage le 14 novembre à 14h
en présence de l’artiste, suivi d’un
Atelier de 15h à 17h
sur inscription